POTTOK OU

POTTOKA

LE POTTOK D'AUTREFOIS – LEHENGO POTTOKA

De nombreuses photos anciennes provenant du Pays Basque Sud nous prouvent que le Poni Vasco Pottoka a été utilisé en Espagne depuis le début du siècle dernier (1905 et probablement auparavant).
Au Pays Basque Nord, côté Français, un extrait du Long Métrage « Ramuntxo » disponible à l’INA (10 minutes après le début), interprété par Louis Jouvet et réalisé à Sare par René Barbéris en 1938, permet de visualiser très nettement une quarantaine de Pottoks Primitifs noirs caractéristiques et quelques poneys gris probablement laissés sur place par les allemands pendant la première guerre mondiale.
Des photos de Pottoks Primitifs au Pays Basque Nord sur les versants Français, datant des années 1950 jusqu’en 1970, immortalisent des poneys identiques à ceux du Pays basque Sud, 50 ans plus tôt, témoignant de l’homogénéité de robe et de morphologie de l’authentique petit cheval basque.
Les Pottoks Primitifs qui sont conservés et protégés sur la Réserve de La Maison du Pottok depuis 1993, ressemblent en tous points à leurs ancêtres sauvages, comme le Poni Vasco Pottoka au Pays Basque Sud.

Un Standard très précis a été établi pour le PONI VASCO POTTOKA, totalement identique à celui du POTTOK PRIMITIF, dont voici les principales caractéristiques : 

– Petit cheval très rustique, fin, vif, anguleux, ellipométrique (plus long que haut) à la robe unie noire ou brune sans taches blanches, avec un pelage ras et brillant en été, épais et long en hiver, mesurant entre 1m10 à 1m30 au garrot dans son milieu naturel.
– La robe foncée permet de sécher plus rapidement en accumulant les photons.
– Taille moyenne de 1m20 à 1m25 pour rester en bonne condition dans un environnement pauvre et difficile. Sa taille peut atteindre 1m40 au bout de 2 générations d’élevage en prairies, mais dans ce cas il ne pourra plus vivre à l’état libre sur les landes et montagnes sauvages du Pays Basque avec un minimum d’intervention humaine.
– Le dimorphisme sexuel est prononcé comme chez tous les équidés sauvages ou primitifs, l’étalon étant nettement plus puissant que la jument. L’encolure notamment peut accumuler une bonne réserve de graisse la rendant arrondie sur le dessus pour s’amenuiser en hiver, donnant l’impression d’une crinière encore plus longue.
– La Tête longue a un profil rectiligne, concave au niveau des yeux et convexe sur le bas du chanfrein. 
– La lèvre inférieure triangulaire est en retrait par rapport à la lèvre supérieure.
– Les yeux de couleur foncée sont placés haut sur la tête (cheval de forêt et de broussailles, afin de venir voir le danger, les prédateurs, tout en continuant à brouter) et les oreilles assez longues sont plantées haut et en avant.
– L’encolure est courte avec une implantation de crinière d’un seul coté à la fois (pas de crinière double). Les crins sont toujours raides et non bouclés, ondulés ou frisés. Reflets roux dans les crins comme le petit cheval préhistorique des Grottes de Lascaux.
– Garrot bien sorti avec implantation de crinière, dos et rein longs, croupe simple légèrement avalée (jamais double).
– Queue plantée bas et très fournie, crins raides sauf chez les poulains de l’année où ils sont frisés.
– Membres secs, fins mais forts, terminés par de petits sabots à la corne noire très dure.
– Aplombs corrects avec une tendance de jarrets un peu clos, adaptation à la marche en montagne pour freiner dans les descentes.
– Les fanons sont plus abondants en hiver, mais aucun poil ne recouvre le pourtour de la couronne du sabot en été (à l’inverse des chevaux de trait).
– Le ventre est cylindrique et volumineux, notamment chez la jument de montagne, qui doit absorber un grand volume de cellulose peu nutritive pour produire du lait et allaiter son poulain.
– Le poitrail est bien ouvert sans être très large.

Tous les poneys pourtant appelés Pottok dont les robes et la morphologie sont différentes ont forcément été croisés avec des races de chevaux et poneys domestiques et ne correspondent pas au POTTOK PRIMITIF.

Certains sont néanmoins encore très proches avec juste la robe qui peut se différencier (pie, bai, alezan) et en les accouplant avec des Pottoks Primitifs on peut revenir à la souche originelle en quelques générations, car les gènes de l’espèce sauvage sont toujours dominants par rapport à ceux des races domestiques « fabriquées » par l’homme, comme pour le loup avec le chien, le sanglier avec le cochon, etc.

Ce qui est primordial, c’est de conserver un noyau pur de Pottoks Primitifs entre eux, pour protéger le patrimoine originel du petit cheval basque, indépendamment du fait que les éleveurs puissent aussi avoir des Pottoks croisés en tous genres pour des raisons commerciales, ce qui n’est pas contradictoire.

PAYS BASQUE NORD LES CROISEMENTS – PAYS BASQUE SUD LA SAUVEGARDE

En 1971 la “race” Pottok est officiellement reconnue en France par le Ministère de l’Agriculture et un standard détaillé est adopté avec 3 sections distinctes :

LE POTTOK

Robes unies, taille comprise entre 1m 15 et 1m 32 correspondant le plus au Pottok
Primitif.

LE DOUBLE POTTOK

Robes unies mais tailles comprises entre 1m 32 et 1m 47. Plus grand car élevé en prairie ou croisé avec des chevaux de selle et plus lourd si issus d’un croisement avec des chevaux de trait. L’ANP écrivait à l’époque : « En raison de sa conformation plus massive, le Double Pottok est plutôt destiné à l’attelage »

LE POTTOK-PIE

Taille variable de 1m 15 à 1m 47. La robe pie serait apparue par croisement avec des chevaux espagnols en Biscaye vers 1850. Également introduite par des poneys shetland. Amalgame de tous types de poneys pourvu qu’ils soient de robe pie. Un étalon poney Appaloosa importé du Canada du nom de Vermouth est même inscrit à titre initial en « Pur » Pottok par la suite, présenté au Salon de l’Agriculture et au Salon du Cheval pour représenter la « race » Pottok et sera utilisé sur bon nombre de juments.

A la fin des années 80 ces 3 sections pourtant séparées et bien différentes comprenant des poneys variables en morphologies, tailles, robes et origines sont regroupées dans le système d’identification S.I.R.E. sous la même appellation : Pottok Livre A « Pur Pottok » !… (Petits, grands, lourds, de toutes robes et de tailles variables de 1m15 à 1m47). Le Pottok primitif est alors dilué parmi une multitude de poneys croisés et se trouve en danger de disparition génétique.

De très nombreux poneys sont ensuite inscrits au Livre A à « Titre Initial » c’est-à-dire sans connaitre leurs parents et sont qualifiés de « Pure Race » alors que leurs origines sont inconnues… Insensé !

Ces poneys en tous genres sont alors croisés avec des étalons Arabes ou Welsh, voire des chevaux de sport Hollandais dont les poulains sont inscrits en tant que Pottok… au Livre B (des Poney Français de Selle en fait). Si on donne l’exemple d’une vache camarguaise croisée avec un taureau charolais, chacun comprendra immédiatement que le veau ne sera plus un camarguais. Ou une petite chienne de berger Labrit croisée avec un lévrier, les chiots ne seront plus des Labrit !

Au Pays Basque Sud (coté espagnol), une première démarche conservatoire voit le jour en 1988 soutenu par le Département de la Biscaye. Un standard précis est adopté et ne sont retenus que les petits Pottoks Primitifs Originels noirs issus des montagnes environnantes, mesurant entre 1m 10 et 1m 30 au garrot. Ils seront appelés Poni Vasco Pottoka et font enfin l’objet d’une sélection rigoureuse.

La Fédération d’éleveurs EPOFE regroupe à ce jour les associations d’éleveurs des différentes Provinces du Pays Basque Sud avec un programme rigoureux de « récupération » du Poni Vasco Pottoka, respectant scrupuleusement les caractéristiques du Pottok Primitif avec plusieurs générations stables et homogènes, à l’inverse des Pottoks en tous genres du Pays Basque Nord.

Il s’agit dorénavant d’une véritable race dont les poulains ressemblent parfaitement à leurs parents et grands-parents. Une sélection complémentaire est maintenant opérée au sein de la race Pottoka pour favoriser les capacités sous la selle et à l’attelage, mais sans mélange et dans le Type Originel exclusivement.